Faty

« Mon patrimoine », une Initiative Innovante pour valoriser la culture de Tombouctou

Tombouctou, souvent appelée « la perle du désert », est un trésor historique et culturel reconnu mondialement. Cependant, une grande partie de ses richesses reste méconnue du grand public. Pour remédier à cela, SankoréLabs , un tech hub social, a lancé le projet « Mon Patrimoine », une initiative financièrement soutenue par la Communauté d’Afrique Francophone sur les Données Ouvertes (CAFDO) à travers la mini subvention Yirwa.

Qu’est-ce que le projet « Mon Patrimoine » ?

Le projet « Mon Patrimoine » est une initiative numérique visant à cartographier les sites patrimoniaux et touristiques de Tombouctou avec la géolocalisation des sites touristiques sur une carte libre. Ainsi, avec une plateforme interactive accessible via le site monpatrimoine.ml, ce projet met en lumière les lieux emblématiques de la région, leur histoire et leur importance culturelle. L’objectif principal est de rendre ces informations accessibles à tous : élèves, chercheurs, habitants, touristes et curieux.

Pourquoi ce projet est-il important ?

La préservation du patrimoine culturel est essentielle pour transmettre l’histoire et les valeurs d’une région aux générations futures. En réunissant des données sur les mausolées, mosquées, bibliothèques anciennes et autres sites historiques, « Mon Patrimoine » agit comme un outil de mémoire collective.

Mais ce projet va encore plus loin. Il contribue à :

  • Promouvoir le tourisme culturel, une source importante de revenus pour la région.
  • Sensibiliser la population locale à l’importance de protéger ces sites.
  • Offrir une vitrine moderne à Tombouctou, reliant son riche passé à un avenir numérique.

Un projet pour et par la communauté

« Mon Patrimoine » n’est pas qu’une initiative technologique. Il s’agit aussi d’un projet communautaire, impliquant activement les habitants de Tombouctou. Les jeunes jouent un rôle central en participant à la collecte des données et en contribuant à la préservation de leur patrimoine. Cette approche participative renforce leur sentiment d’appartenance et les encourage à protéger leur héritage.

Porte traditionnelle de Tombouctou- Algaloum gambu

Avec le projet « Mon Patrimoine », SankoréLabs fait preuve d’une vision ambitieuse : celle de connecter la culture et la technologie pour faire rayonner Tombouctou.

Découvrez cette initiative unique et explorez les merveilles de Tombouctou en visitant le site monpatrimoine.ml. Ensemble, préservons et célébrons l’héritage de cette ville légendaire.


Il faut que l’AEEM disparaisse pour que renaisse l’école malienne

L’USN. Union des scolaires nigériens.
J’en tais membre. Je n’avais pas peur de la Caso qui nous protégeaient durant les marches.

credit photo: ladepeche.com

Je leur dois beaucoup de cette témérité que j’ai d’aujourd’hui.
Je suis venue au Mali en 1998.
J’ai découvert l’AEEM.
J’ai vu que des dirigeants estudiantins pouvaient être des loups pour les étudiants.
Je les ai vu frapper les étudiants qui osaient contester leurs propositions [ordres ] de grèves durant leurs Assemblées Générales.
J’ai vu plusieurs loubards, des étudiants, n’avoir pour [études] que la protection du NABAB qui est le secrégé ( comme on dit ici au Mali), harceler les filles, chasser certains du dortoir pour installer leurs copines, acheter des beaux costards et faire la fête au Byblos.
L’AEEM.
La première fois que j’ai perçu une bourse d’étudiante, je me rappelle, c’était une demi-bourse et je ne savais pas exactement combien c’était. En fait je ne comprenais rien.
Je voyais que certains avaient passé la nuit sur la colline ( de Badalabougou où se trouve l’adminstration de la faculté de lettres, langues, art et sciences humaines (FLASH)).
Mon frère m’avait expliqué qu’on donnait 250 F CFA à quelqu’un pour qu’il mette ta carte d’étudiant dans un des lots pas trop éloigné du guichet.
Je pensais que les 250 F suffisait pour avoir son argent rapidement.
J’ai payé la somme durant 2 jours pour l’avoir le 3 ème jour sans rien donner pour voir un étudiant au sourire édenté, avec une gueule de dealer me prendre 15.000 F CFA sur mon argent sans rien l’expliquer.
Depuis , je patiente que la marée d’étudiants avides de sous finissent pour partir chercher ma bourse. Sans tracas. J’étais bleue.
Après je me suis endurcie. J’avais un ami Lepêcheur Nientao pour me faciliter les choses.
L’AEEM est un prédateur qui doit disparaitre de l’école malienne.
J’en suis convaincue.
Après elle, nous nous attaquerons à cette corruption qui gangrène l’administration malienne.
Il faudra seulement qu’une vraie justice qui tranche et condamne tout ce qui nous empêche d’avancer à l’école et partout au Mali.
La justice pourrait permettre au Mali de renaître.


Boukary, le village se réveillera sur l’espoir…

Boukary. Je ne sais plus quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, mais je me rappelle que nous préparions la formation Mondoblog à Dakar en 2013.
Nous avions échangé les contacts et nous sommes devenus rapidement des amis. Et il était de ces amis qui cherchent des solutions à tous les problèmes que tu lui exposes.
Parfois, je l’appelais pour lui dire « Boukary, trouve moi un accès Internet gratuit, j’arrive… » ou « Boukary, tu es où, je viens manger avec toi », et il avait toujours la solution. Il était toujours là.
Enfin, tant qu’il ne s’agit pas de prendre l’avion.

segou-villages-connection-boukary-konate-5875799035_421499166c_o
Boukary en mission

Oui. Boukary était le seul blogueur qui avait peur de l’avion, à ma connaissance, ignorant sciemment le personal branding pour prêter la vedette à ceux qu’il rencontrait…
La culture malienne. Les traditions sont l’essence de ce héros qui su utiliser l’éducation et l’innovation pour connecter nos zones rurales au monde, mais aussi connecter le monde à cette richesse de notre patrimoine.
Boukary, repose en paix.
Tu resteras dans nos cœurs.
Va en paix… Le village se réveillera sur l’espoir de cette jeunesse malienne consciente et engagée.
Rien n’est trop grand pour Allah !
Il t’a repris. Nous nous désignons.
Mais nous gardons tes valeurs.
Pour toujours.
La tristesse n’empêchera pas au village de se réveiller.
La peine non plus.

3816759297_0300de2da1_m

Boukary, mes larmes coulent, mais je me réjouis de voir enfin tes souffrances s’abréger…

Cette maladie t’a rongé silencieusement. Nos efforts semblaient vains. Moi. Phil. Renaud. Bouba. Guindo. David. Emma. Abdoulaye Bah. …

La liste sera longue si j’essaye de citer tous ces amis qui ont formé cette chaîne solidaire autour de toi, nous voulions tellement que tu vives. Que tu sois avec nous. Mais nous ne sommes que de simples mortels. Comme toi… nous partirons. Aussi… je te dis juste « au revoir frangin » !

ɑlɑ kɑ hinε i la

ɑlɑ kɑ i dɑ yɔrɔ sumɑyɑ Bukari


Kemi Seba ou l’activisme africain imposé

Le buzz autour de l’activiste Kemi Seba, président du MDI ( Mouvement des Damnés de l’Impérialisme) et  d’Urgences Panafricanistes, qui a publiquement brûlé un billet de 5.000 F CFA, et son arrestation par la police sénégalaise sur plainte de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest, les réactions ont été fort diverse sur les réseaux sociaux.

Et je constate clairement un verbe plutôt agressif des activistes du camp de Kemi Seba envers ceux qui trouvent inapproprié de violer la loi pour rentrer dans la victimisation.

Mon impression est que les activistes du cercle de Kemi Seba sont en train de nous faire le même procès qui a été fait à Camara Laye quand le mouvement de la Négritude était à son paroxysme. Ils se donnent le droit de choisir les terrains sur lesquels tout africains qui se veut militants de la cause africaine ou panafricaine doit défendre.

Ne pas baigner dans le courant qu’ils ont imposé signifierait pour eux être un esclave consentant et acculturé!

Comment ne pas soutenir ce jeune et bel homme , qui a enfreint une loi qui vient directement de notre néocolonial ami la France, volontairement pour permettre que le débat sur la monnaie africaine encore sous contrôle de l’Occident à travers l’Empire colonial.

Comment s’épancher dans un livre autobiographique alors que d’autres luttent pour magnifier la race noire par l’écriture ? La poésie ?

Après nous avons vu où la négritude a conduit certains des membres du mouvement : président complètement manipulé par la France, dont certains poèmes insultent plus qu’ils ne magnifient la négritude.

La relation intime avec les combats d’activiste

Tout activiste a une relation intime avec les sujets qu’ils défends ou qu’il combat. Parfois il y va de façon systématique, refusant toute opposition, se donnant des titres et des sobriquets aux autres qui ne le soutiennent pas.

S’il est important de reconnaitre que tous les aspects du néocolonialisme, notamment cette monnaie qui continue à être garantie par la banque de France, peuvent être combattus , il est aussi clair que l’activisme et le panafricanisme ne peut être aveugle ou imposé.

L’activisme est une action intime d’abord, ensuite communautaire. Les activismes partent de convictions personnelles avant de s’engager dans des combats communautaires. Oui Kemi Seba mène une lutte noble. Oui son arrestation démontre plus que jamais que nos Etats sont contrôlés par la France.

Mais ce n’est pas un secret!

Le monde est aux mains de ces puissances coloniales depuis belle lurette. Oui, un activiste africains ne peut échapper à ce rejet de ce statut de personnage malnutri qui telle sous un soleil ardent pour nourrir son grassouillet maître.

Comment ne pas s’indigner de voir nos matières premières et minières pillés ? Mais, il serait intéressant de se pencher sur le travail que font ces pseudo-esclaves pour voir les actions qu’ils mènent, les résultats qu’ils arrivent à avoir!

Pendant que vous faites le buzz, eux sont engagés sur d’autres terrains. Nul n’a l’apanage du statut d’activiste. Ni du panafricanisme. Les insultes reviennent comme un boomerang.


Mais qui protège les casques bleus à Tombouctou ?

Bamako, 22 juillet 2013 - Un Casque Bleu du Benin patrouille l'hôtel de El-Farouk lors de la première réunion du Comité de suivi et d'évaluation de l'accord préliminaire à l'élection présidentielle et aux pourparlers de paix au Mali. A Blue Helmet patrols the perimeter of El-Farouk Hotel during the Follow-up and evaluation Committee of the preliminary agreement meeting in Bamako. Photo MINUSMA/Marco Dormino
Bamako, 22/07/2013 – Un casque bleu du Bénin patrouille devant l’hôtel El-Farouk lors des pourparlers de paix au Mali.
Photo MINUSMA/Marco Dormino

Quelle question saugrenue penserait celui qui observe les incessantes missions des casques bleus entre le sud et le nord du Mali.  » Qu’ils sont ingrats , ces Maliens ! la communauté internationale leur offre une superbe mission de maintien de la paix , avec des casques bleus  épris  de justice et de bonne volonté – entre autres !-  qui se font tuer dans des attentats et sautent sur des mines , et les voici à les dénigrer. Qui protège les casques bleus ? Quelle question !

Pourtant cette question ne peut que vous venir en tête lorsque vous habitez une de ces zones « libérées » de l’occupation des « certains groupes armés », car il y a encore au nord du Mali , une zone qui reste aux mains des groupes armés remastérisés par la diplomatie internationale, suivez mon regard jusqu’à Kidal.

Les casques bleus, sont partout, représentant différents corps de l’armée, tout type de grade, de galon, de nationalité, de toute ethnie – j’ai vu un casque bleu hindou qui portait son turban traditionnel et une belle et longue barbe à la place du « joli » casque bleu-parlant toutes les langues imaginables – du français à l’anglais en passant par l’arabe, le néerlandais, le haoussa, le wolof…-

Mais, bien bizarrement, tu auras du mal à avoir une personne qui dira se sentir en sécurité à Tombouctou parce que les casques bleus sont là ! à y croire que l’ONU n’a pas demandé l’avis des habitants avant de renouveler le mandat.

Bon , il faut reconnaître que ce serait difficile de ne pas renouveler ce mandat, la nette impression est qu’ils n’ont pas fini de s’installer ici , à Tombouctou. Il suffit de se rendre au port de Koriomé – entrée des véhicules venant du sud qui traverse le fleuve Niger- Il y a toujours « du Minusma » qui entre. Et en quantité.

Mais PERSONNE ne se sent sécurisé par la Minusma.

Certes,’ils ont des missions en brousse et ils entreprennent des missions conjointes avec l’armée malienne pour éradiquer le mal – je parle des poseurs de bombes et des hommes aux ceintures d’explosifs-, mais dans la vie de tous les jours, en ville, le casque bleu se comporte comme une star hollywoodienne avec des groupies. Seulement les groupies ne s’intéressent pas à la star dans notre cas. Nous les ignorons comme ils nous ignorent, relation : néant ! ce sont les enfants qui parfois par curiosité leur parlent.

Notre impression ? Les casques bleus sont là pour se maintenir les uns les autres en vie. Quand ils descendent en ville pour un quelconque achat : des mangues aux couvertures, ils viennent nombreux. Certains font leurs achats et les autres montent la garde, armes braquées vers… nous !

Ils ont peur des attentats, je comprends, mais nous aussi… difficile d’avoir une toute petite discussion sur le sujet avec l’un d’entre eux. Mais, hier, le poisson a mordu à l’hameçon !

Je revenais d’Abaradjou, quartier au nord de Tombouctou. Un véhicule de casques bleus était stationné chez Madou secret – le marchand d’objets d’art dont les masques ont été saisis par « Ane-sardine » et brûlés comme nos dieux-. Deux casques bleuettes- c’est le féminin de casque bleu que j’ai trouvé- étaient arrêtées au bout de ma rue et des hommes au bout de l’autre rue.
Je me suis débrouillée pour passer juste à côté d’un d’entre eux pour dire assez haut pour qu’ils m’entendent :
-Qu’est qu’ils nous veulent encore ?
Le casque bleu n’est pas resté figé comme d’habitude.
-Nous ne vous voulons rien, nous sommes là pour vous !
– On n’a pas cette impression, vu la manière dont vous vous surveillez arme au point, on a l’impression que vous êtes là pour vous défendre ai-je répondu en m’éloignant.

Il faut reconnaître que 36 casques bleus ont été tués depuis juillet 2013 au Mali , il y a de quoi avoir peur. ils sont encore mieux que les soldats français qui nous obligent à quitter le semblant de bitume que nous avons à Tombouctou à chaque occasion. D’ailleurs, une fois ils voulaient m’empêcher de rentrer chez moi – toujours sur ma jakarta- parce qu’ils avaient quadrillé le secteur.  Ayant froncé les cils et montré mon intention de ne pas obéir, un autre soldat au regard vert est venu me demander doucement d’éteindre ma moto pour rentrer en la poussant « s’il vous plait madame ».

Non, mais nous sommes des maliens chez nous, ou nous sommes redevenus des indigènes de l’empire coloniale de la France?  THIS IS THE QUESTION!