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On pensait que seuls les groupes armés menaçaient le Mali depuis qu’ils avaient permis à l’armée malienne de vérifier la fiabilité du repli tactique comme stratagème militaire, mais la terrible maladie, qui a fait oublier le sida, le paludisme, le choléra a franchi la frontière de la  Guinée voisine pour s’inviter chez Soundiata… panique à Bamako.

credit photo: google images.

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Ebola veut faire un tour au Mali… le pire; on essaye de le gérer à la malienne.

On se rend compte que ce dispositif sanitaire à la frontière armée de pistolets détecteurs de forte fièvre est comme du gruyère, les malades passent (et tout le monde en réalité) comme ils veulent. Cette fois-ci, le malade s’est même permis de venir contaminer des gens dans une clinique Hightech pour y mourir et repartir à l’état de cadavre en Guinée sans être entraperçu par un seul policier ou un médecin à Kourélamalé ( frontière entre le Mali et la Guinée).

Bien loin de moi l’idée de vouloir que cette maladie si terrible, qui peut effacer toute une lignée en un rien de temps, à d’autres continents en dehors du notre, mais il faut savoir et reconnaitre que nos pratiques, la proximité, la pauvreté même, sont des facteurs qui favorisent la propagation de cette maladie.

Depuis février où débuta cette terrible pandémie en Guinée-Conakry voisine, la peur s’installa dans le cœur de chaque Malien, surtout les Bamakois qui une frontière des plus actives avec la Guinée.  Une amie américaine qui a longtemps vécu au Mali a pris immédiatement la décision de retourner aux Etats-Unis… Elle connaît notre (nous Africains fétichistes nous pensons que prière peut conjurer le mauvais sort ou prévenir contre une maladie comme Ebola ) goût pour le risque rehaussé par des conduites qui ignorent l’hygiène à cause destraditions.

Ainsi, la prévention d’Ebola veut qu’on se lave les mains au savon plusieurs fois par jour. Ne le dites pas au Malien, car une certaine « coutume » lui dit que l’homme qui lave ses mains avec du savon perdra ses biens comme il est en train de dépouiller de sa paume  cette « saleté répugnante » qui est en réalité sa fortune, d’ailleurs, les plus traditionalistes ne se lavent jamais au savon.

En plus, nous avions la fâcheuse manie de rendre visite aux malades ici. Oui, en groupe, bébés au dos, les mamans en oublient que ce sont de petits corps qui n’ont pas beaucoup de force quand il s’agit de combattre certaines maladies… Le lugubre spot publicitaire qui passe à la télévision nationale n’a pratiquement pas d’incidence sur les comportements de la population.  Si cette maladie se propage dans « ce Mali-là », il est très difficile d’avoir un contrôle de quoi que ce soit. C’est la raison de ma colère envers les dirigeants de cette clinique, dans laquelle un cas d’Ebola a été délibérément admis et caché à l’opinion publique et aux autorités sanitaires.

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Oui délibérément !

Quand vous admettez un malade venu de la Guinée, fiévreux, vous ne pouvez pas ne pas penser à Ebola. Le Malien n’est pas du type à cacher les décès rapprochés dans une famille, car il y voit un mauvais sort si ce n’est de la sorcellerie.

Mais non ! La très sérieuse et huppée clinique Pasteur, qui ne soigne que les riches de la capitale, soignait ce vieillard pour des problèmes rénaux, mettant la vie de toute une nation en jeu pour une histoire de renommée si ce n’est de nom (Pasteur), je pense qu’il se doit que les responsables de cet établissement soient sanctionnés – je ne veux dire châtiés- Je ne peux m’empêcher de penser que la vie de ce jeune infirmer -Salif pouvait être sauvée s’il avait été pris en charge tôt.

A son tour, celui qui a fait la radio développe la maladie, demain ce sera qui ? Le fils du voisin qui a aidé à le mettre dans le corbillard ? l’enfant d’une de ses filles ?

 

BAD 2014Le 16 octobre est le Blog Action Day, comme le laissait voir mon précédent billet qui vous donnait un avant-gout hier. Le thème est des plus intéressants : les inégalités. Le monde est cousu d’inégalité. Il est très difficile d’avoir une quelconque forme d’égalité dès qu’on examine le genre. Loin de moi l’idée d’utiliser cette journée d’action des blogueurs à travers la terre pour faire mon féminisme- d’ailleurs je ne suis pas féminisme, juste une éducatrice dépitée par les inégalités – mais l’écart grand et l’égard trop minime vis-à-vis des filles. Que des questions qui se bousculent dans ma tête, je pense à la scolarisation de fille qui est toujours base. Je ne peux m’empêcher un Grrrr…. Interne. Rage.

La culture, l’éducation, continuent à creuser l’écart entre filles et garçons. Le garçon peut laisser le champ paternel et partir à l’école, mais la fille ne peut se détacher de sa future tâche de ménagère. La mère, analphabète, partage l’avis du père dans la majorité des cas. Il faut conserver les coutumes coute que coute, quitte à rester pauvres et démunis. Mon constat n’est pas une grande découverte, les gouvernements du monde entier le savent, la formule du développement passe par une éducation de qualité pour tous les membres de la société, sans distinction de genre. Cela permettrait une croissance certaine…

Que le prix Nobel de la paix ait été donné à des acteurs de l’éducation n’est pas gratuit… que ce soit Malala, une fille qui a lutté du haut de ses 17 ans pour aller à l’école, mais aussi pousser d’autres jeunes filles à aimer l’école est un message que nous devrions tous comprendre du Jury des Nobels qui a ainsi fait un clin d’œil à tous les enseignants, les ONG, les organismes des nations unis qui œuvrent dans le cadre de l’éducation. Kailash Satyarthi donne du poids au message, car l’éducation met fin aux inégalités. Même si l’acculturation est une menace, l’éducation permet à la femme africaine(en tout cas !) d’échapper à son rôle de mange mil et d’exécutrice des mauvais ordres ( de l’excision au mariage précoce) J’en suis convaincue… SI l’Unesco soutient que «  c’est dans l’esprit des hommes que nait la guerre et c’est dans leur esprits que doivent être élevées les défenses de la paix » je crie volontiers Alléluia !!! en plus j’y trouve ma formule contre les inégalités : «  l’enseignement fait sauter les frontières de toutes les inégalités entre les hommes »

Pour la deuxième fois, je participe au Blog Action Day qui est un évènement planétaire qui rassemble des blogueurs de différents pays sur un sujet d’importance mondiale. Les inégalités, c’est le thème de cette journée du 16 octobre 2014.
Les sujets du Blog action Day ont pu tourner autour de l’eau, le changement climatique, la pauvreté, de l’alimentation, des droits de l’homme, cette année c’est sur les inégalités que les blogueurs planchent pour non seulement attirer l’attention sur cette question, mais aussi lutter contre l’injustice .
Des inégalités il y en a partout dans le monde, malgré la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789 qui dans son préambule reconnait la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine. Cette déclaration dispose que : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » D’autres textes : chartes, conventions, lois, décrets de par le monde et les pays devraient permettre de bâtir un monde de justice et d’égalité, mais le constat est bien amer pour moi.
Nos vies n’ont pas la même valeur. Un Malien enlevé dans notre si grand Nord instable… c’est à peine si vous en entendez parler dans la presse nationale – ne parlons pas de la presse internationale- nous en avons eu l’exemple avec l’enlèvement de 5 travailleurs du CICR entre la poudrière Kidal et Gao en février 2014. La réaction n’aurait certainement pas été la même si les victimes étaient des personne d’une autre nationalité – je ne vais pas dire de Blancs pour ne pas avoir de propos racistes- le genre, le sexe, la couleur de la peau, la nationalité, le compte en banque, même le passeport sont des sujets criants d’inégalité.
Je ne sais pas ce que cela ferait naitre en vous, mais pour moi c’est un sentiment d’inégalité dans l’appréciation de la valeur des vies humaines.
J’ai le même ressenti concernant l’égalité des chances au Mali où je vis, plus qu’ailleurs, ce ne sont que des mots sans valeur.
Nous Maliens, serions tous égaux devant la loi, mais quand je suis rentrée au bercail, personne n’a pu m’expliquer pourquoi les enfants des Maliens de l’extérieur, qui rentrent pour poursuivre leurs études n’ont pas droit à la bourse d’étude. Pire, ils ont voulu me faire payer les mêmes frais de scolarité que les étudiants étrangers… 250.000 F CFA au lieu de 5000 F CFA.
Dans notre société, chaque fois que tu tournes le regard, ce sont des inégalités qui se jettent à tes yeux, pas besoin de lunettes pour les voir, mais ceux qui sont du bon côté de la ligne de démarcation se munissent de lunettes de bois.

 

« le courage, ce n’est pas de vivre sans peur. Le courage, c’est d’avoir la peur de sa vie et quand même faire la bonne chose » dit le proverbe et ce dernier va bien avec la situation que nous avons connu à Tombouctou hier.

 

credit photo: Faty

Marché Yoboutao de Tombouctou credit photo: Faty

Tombouctou, jeudi 9 novembre. C’est le quatrième jour de la fête musulmane de l’aid el Adha, communément appelé Tabaski. Après trois jours de fermeture, le marché de Yoboutao, le plus fréquenté de la vieille cité ne connait pas l’affluence de tous les jours pour cause, beaucoup d’entre les marchands sont ressortissants des villages des alentours et ils prennent parfois une semaine avant de revenir leurs stands.

Les gens ayant trop mangé de viande, se dirigent presque systématiquement vers le fond du marché, où se trouvent les vendeuses de poissons. Des femmes acariâtres aux langues acérées qui n’hésitent pas à insulter le client qui se permet de trop rabaisser le prix du poisson qui se marchande encore dans cette partie du Mali. Ce sont les seules qui ont osé se soulever contre la pratique impitoyable de la charia des djihadistes qui ont occupé Tombouctou d’avril 2012 à janvier 2013 ; refusant de porter le voile léger et fort encombrant –pour qui veut être libre de ses gestes-des femmes arabes.

C’est à cet endroit, le marché des poissons qui fut le point de départ d’une panique à Tombouctou : une alerte à la Bombe.

En effet ; c’est une vendeuse qui remarqua un sac noir posé sur une des petites tentes en paille. Il semble rempli. Qui eut l’idée d’appeler le numéro vert de la Minusma ? je sais pas. Mais les casques bleus et des soldats français arrivèrent derechef. Et hop ! le marché est évacué, son accès interdit et les investigations commencent pour la prise en main du colis suspect. Halima, habitante des environs du marché veut déjà partir loin : «  ces djihadistes sont impitoyables, il faudrait partir avant qu’ils ne nous fassent exploser comme ça. » dit –elle , le regard fuyant.

 » la peur est un microscope qui grossit le danger » disait Jean Louis Auguste Commerson dans la petite encyclopédie bouffonne, verité! meme si le proverbe zarma – encore un!- dit « tune nda hinaye baa gandji hawe » littéralement «  vaut mieux se lever tôt que chercher un gris-gris »

Moi je sais que la peur est toujours accompagné d’une avide curiosité chez nous les femmes, il ne fallait pas nous voir scruter les endroits,  l’oreille tendu, alerte à tout entendre.

C’est un sac, de voyage, noir. Il semble rempli. Si c’est une bombe il ne faudrait pas qu’elle explose ici. Déjà la psychose est grande. Plusieurs attentats ont eu lieu à Tombouctou. Des kamikazes se sont fait exploser devant le lycée Mahamane Alassane Haidara de Tombouctou dans faire de victimes. Un autre attentat contre le camp militaire à la voiture piégée avait tué deux civils.

Ce colis, pourrait être les effets d’un de nos malades mentaux, errant , ramassant des débris çà et là comme s’il s’agissait d’un trésor et les gardant dans ce sac qu’il s’est procuré on ne sait comment.

La conclusion est heureuse. Fausse alarme. Il n’y a pas de bombe dans ce sac et le marché peut rouvrir.

Pour rappel, le nord du Mali, dont Tombouctou, a été occupé par plusieurs groupes armés : MNLA, AQMI, ANCARDINE. En outre , les attentats contre les troupes de la mission des nations unis pour la Mali (MINUSMA) sont de plus en plus nombreux, les derniers en date sont celui contre une patrouille du contingent nigérien à Gao et le tir de 7 roquettes sur le camp de la MINUSMA à Kidal qui a tué un casque bleu sénégalais et blessé deux autres.

 

Après une longue pause – A s’en demander si la bonne dame n’a pas trépassé pour qui a « l’esprit bienveillant »- me revoici.

la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)

la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)

C’est reparti pour le blogging, l’engagement pour mon grand, cher, précieux, chéri, Mali en général. Mais pour surtout pour ma ville natale – Pour qui ne le sait pas car il y a beaucoup de bleus sur la plateforme et j’imagine qu’ils sont déjà envahis par cette envie frénétique de lire les autres blogs de la Mondoblog autant que d’écrire. Une envie qui peut partir … (je l’ai expérimenté pour vous… je comprends le proverbe zarma – dialecte du Niger, affilié au songhoï- qui dit : anniya noo ga yoo gabu, traduction ? c’est avec la volonté qu’on peut piller un dromadaire ! (suffirait de trouver le mortier qui convient me rétorqueraient bien d’autres !)

Bref ! Je suis là et en plus je suis à Tombouctou. Pour qui connait mon amour pour la ville et ma volonté d’y rester pour vivre tranquillement une vie à Tombouctienne ponctuée de taches ménagères et de quelques excursions pour mes articles, et d’activisme sur le net, me comprendrait.

Je suis à Tombouctou depuis une semaine et même mon humeur en a été changée ! J’ai la pèche ! Je me sens super bien ! Même la route que dis-je ? La piste-boueuse, qui mène jusqu’au bord du fleuve pour une longue traverser sur un bac tiré par une grande pirogue à moteur n’a pas réussi à me mettre de mauvaise humeur. La fatigue non plus. Cette sensation d’être chez soi  est enivrante.

J’en avais marre de Bamako, de sa pluie, de ses moustiques, de ses taxis si chers –suis-je devenue radine en 8 mois de vie à Bamako ?- NON ! Il m’était vital de rentrer fêter tabaski à la maison, avec Papa et maman.

Un lecteur attitré de ce blog ne le découvrirait pas seulement aujourd’hui, mais la tabaski est une fête familiale que je n’aimerai passer nulle part au monde si ce n’est Tombouctou. J’y veille. Dieu me l’a permis plusieurs fois – j’ai le droit d’y croire si je le veux non ?-

D’autres parlent de fête des moutons – si ce n’est aux moutons- mais cet aïd, est la fête qui montre, si elle ne le démontre pas, prouve que l’islam est loin d’être une religion de rejet et de l’extrême, encore moins de haine.

La tabaski est la fête du rapprochement entre les membres de la famille et de la société pour nous. Il représente le partage et l’entraide. Ceux qui ont égorgé partagent leur viande avec les nécessiteux en leur donnant les 2/3.

Certains parlent de massacre des moutons en mangeant tranquillement des conserve de poissons, refusant de voir – car je suis certaine qu’au moins un jour ils ont pensé aussi à la vie de ces pauvres poissons aussi- les milliers de poissons qui sont pêchés dans les océans tous les jours-.

Bon, il faut dire que l’islam est la religion qu’on doit pratiquer et se taire à cause de ces djihadistes aux ceintures piégées de bombes, des organisations terroristes comme Boko Haram qui se moquent du Nigéria –malgré une alliance avec la France et le Cameroun hein !- et massacre d’innocentes populations, faisant des victimes même parmi les musulmans. ANESARDINE, qui s’est moqué du Mali en occupant le nord pendant plus d’une année et en continuant à attaquer la mission des Nations Unis pour le Mali MINUSMA. La dernière attaque contre un camp de la MINUSMA à Kidal – fief réel des groupes armés- ou encore Al-Qaïda… le patron des organisations terroristes. L’islam n’est qu’un prétexte … les véritables musulmans, des victimes.

Je ne donnais pas de nouvelles du Mali, elles n’étaient pas bonnes en réalité. Ce n’est pas la joie au Mali malgré les discours de nos petits apprentis rappeurs qui bizarrement ne parlent que de diarabi –amour-, dableni –vin- et se donnent des surnoms d’animaux forts de la jungle-wara-, s’ils ne s’insultent pas père et mère.

Le Mali est dans une phase bizarre. Les maliens commencent à se rendre compte qu’ils se sont trompé en offrant les rennes du pays à Sound… euh… à Ibrahim Boubacar Keita. Nous sommes passé de l’espoir à la déception en une année.

C’est fou les changements qui peuvent subvenir en une année. En juillet 2013 ; lorsque qu’on élisait IBK, j’étais à Gao… une ville qui est toujours sans électricité et je bloguais par Bouba interposé, lui envoyant les textes que j’écrivais avec mon fameux wiko pour qu’il corrige et qu’il les publie pour moi. Michel Théra me trouvait trop pessimiste, mais j’étais juste sceptique. C’est difficile de ne pas être sceptique quand tu es malien et connaissant ton pays, tes concitoyens et leur capacité à se « servir », quelques en soient les situations.

Et voilà, ils sont deçus d’apprendre que l’équipe en place à chercher à s’inscrire sur la listes des hommes les plus riches du pays en une année en se remplissant les poches pour l’achat de l’avion impérial et la passation de plusieurs marché. Et même-là, il a fallu que les bailleurs de fonds ferment le robinet à billet et que le FMI envoie des enquêteurs à Bamako pour que certains y croient.

En plus, les jérémiades de nos dirigeants depuis les accords de Ouagadougou au lieu d’engager un dialogue véritable avec non seulement les groupes armés ( qui étaient désarmes à ce moment-là) et les populations du nord du Mali n’ont fait que nous enfoncer et à permis d’atteindre ce point de non-retour pour le gouvernement malien qui a perdu  un avantage de taille.

Et nous voilà repartis vers un autre hold-up, moi et beaucoup d’habitants du nord du Mali, se font représenter par des personnes qu’ils ne connaissent ni d’Eve, ni d’Adam , à des négociations à Alger. Pire, ils sont des revendications auxquelles nous sommes opposés.

 

« Quand tu ne fais qu’attendre, ton cou en devient long(à force de le hausser pour voir ce qui va arriver) » dit le proverbe

 

 

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