Malisanté est la première start-up malienne œuvrant dans le cadre de la santé au Mali.  Elle est la seule de notre pays qui participe au sommet africain sur internet  (AIS14) à Djibouti, République de Djibouti du 25 mai au 06 juin 2014.

Le thème de l’AIS « 14 est « Au-delà de la connexion : Interconnexion pour le développement de l’Afrique ».

Ce sommet africain de l’Internet  est annuel, allant du 25 mai au 6 juin 2014, les participants auront une plate-forme pour débattre des  principales contraintes de développement auxquelles est confrontée l’Afrique  dans un cadre commercial afin de répondre aux besoins des opérateurs en Afrique . Comme la croissance future de l’Internet en Afrique se fera à travers les opérateurs mobiles.

credit photo: Tidiane Ball

credit photo: Tidiane Ball

Malisanté se donne comme tache de  rendre l’information médicale plus disponible  et accessible aux utilisateurs des tics du Mali, mais aussi du monde entier (vue les portées du web). En effet, l’exploit est  bien singulier  au Mali pour être signalé.  Malisanté, se veut un site internet qui répond non seulement aux questions que l’on peut été tenté de se poser sur la santé, sans tabou, mais est aussi un site utile pour l’internaute malien dans le domaine de la santé, tout y est : annuaire bien fourmi avec tout genre de renseignements sur les cliniques, les hôpitaux,  les pharmacies  et même des offres d’emplois.

Tidiane Ball  au lancement d'AIS14Tidiane Ball, qui a eu cette lumineuse idée dès ses années d’études en faculté de médecine pense que « l’accès à l’information est l’une des choses les plus difficiles. Surtout dans le domaine de la santé ou les populations ont du mal à avoir accès à l’information médicale de qualité, à localiser les structures sanitaires, à trouver les coordonnées des médecins. Il en est de même pour les professionnels de la santé, qui peinent à mettre en exergue leurs publications, qui manquent de plateforme d’échange, d’information et de communication. Internet aujourd’hui est une aubaine pour pouvoir satisfaire les besoins des uns et des autres en quelques ».

Malisanté  a  participé à InnovAfrica 2012 de Dakar et InnovAfrica 2013 d’Abidjan. la jeune équipe se propose de diversifier ses secteurs d’activité pour repondre le mieux aux demandes du public malien

credit photo: Faty

Le film du cinéaste mauritanien a  été annoncé tambour battant comme étant le seul film africain sélectionné pour la palme d’or du prestigieux festival de Cannes cette année, cela tique. Encore plus quand la tombouctienne que je suis apprends que le film s’appellerait  « Timbuktu »  (Tombouctou en anglais) et porterait sur l’occupation que nous avions vécue d’avril  2012 à janvier 2013. Pire, il aurait été accueilli par des applaudissements de la presse.

Affiche , credit photo: lepacte

Affiche , credit photo: lepacte

Toute la journée,  j’ai attendu la projection et les échos de la conférence de presse que le réalisateur mauritanien fera , devinant,  presque, ce qu’il raconterait en me fiant au casting du film qui donne une place de choix à des acteurs Touaregs qui auraient vécu les mêmes évènements que moi.  Je ne sais pas si mes tweets depuis Tombouctou lui sont arrivés, ni s’il connait l’existence de mon blog, même s’il aurait éclaté en sanglot en conférence de presse en  disant « pleurer à la place des autres », à ma place en un mot ! Du cinéma !

Hum… quand le sage dit que le chasseur raconte toujours ses parties de chasse comme  il le veut parce qu’il a pu s’en tirer, car la version de l’histoire du lion a un angle est bien différent … je le comprends.

Je ne mâcherai pas mes mots encore une fois, mais le scenario de ce film, les scènes qui ont un tel effet sur le cinéaste mauritanien est cousu de mensonges et de d’approximations qui sont honteux.  Tous les faits peuvent être retracés  par n’importe quel habitant de Tombouctou et malheureusement, c’est peut-être le coté dramatique qu’il veut donner à son film, mais je m’insurge en faux ! Rien ne s’est passé comme ce film le soutient, avoir vécu cela ne me fait pas éclater en sanglots, même pour fragile femme que je me dois d’être. Ne rien dire après un tel film est un crime, je pense pour la militante de Tombouctou.  Des faits qui se sont déroulés,  il n’y a pas si longtemps sont complètement dénaturés et même transformés  par le narrateur,  se permet de changer la tournure des faits pour prendre la place de la victime. C’est honteux ! Malheureusement  doyen Mohamed Sneiba.

Je n’ai point l’habitude des billets critiques cinématographiques  comme Serge Katembera, mon BABA étant la narration, mais « Timbuktu » interpelle pour fausseté dès l’affiche.

En effet, , on voit une femme noire, en pleure, habillée de noire de la tête aux doigts. Nous n’avons jamais eu droit à cette scène à Tombouctou où, les pseudo djihadistes d’anesardine exigeaient que les femmes se couvrent avec le voile traditionnel des femmes arabes de Tombouctou comme je le rapportais en temps réel  l’année dernière. J’ai moi-même porté ce voile d’une couleur jaune, passant et repassant devant la police islamique qui n’était point éloignée de mon habitat. Je me rappelle encore de l’audience connu par mon article sur la protestation des femmes Bellahs, vendeuses de poissons au marché de Yoboutao, qui se sont déshabillées pour protester  contre le port du voile et non de gants.

Le film évoque également un cas de lapidation qui n’a jamais eu lieu à Tombouctou. Un couple ayant eu un enfant hors mariage a été fouetté sur la place publique de Sankoré par des djihadistes qui se sont relayés, la population y a assisté sans broncher, juste devant la porte de l’Imam de la mosquée de Sankoré (jadis grande université de la ville historique) qui n’a jamais accepté ne serait-ce que discuter avec les occupants…. il y a un écart, si ce n’est un  fossé avec une vraie lapidation et je sais que pour mauritanien qu’il est, monsieur Sissako n’ignore point la signification du mot ni la manière dont elle se déroule.

La motivation du cinéaste viendrait du témoignage d’un touareg de sa connaissance, à propos de l’exécution d’un touareg qui aurait tué un pécheur accidentellement, comme si l’homicide involontaire n’en était pas un. Mais ce qui exaspère le plus dans cette histoire , c’est la dénaturation éhontée des faits,  le tueur, serait un paisible berger touareg  du nom de Kidane ( un nom pas du tout touareg , soit dit en passant) qui aurait réussi à trouver la tranquillité à l’écart du désordre régnant dans toute la zone occupée, sillonnée par les troupes du MNLA qui ont été chassées des grandes villes du nord par les islamistes qui ont ainsi épargné les populations du pillages de ce mouvement de liberation de l’azawad MNLA qui mérite largement d’être appelé   « Haine-est-là » comme je le fais dans ce blog.

Bon ! Certainement que son ami témoin était un membre du MNLA, car la Mauritanie est la base arrière des défenseurs de la cause du touareg martyre et victime de l’état malien, je n’irai pas jusqu’à dire que Sissako est un membre du MNLA, mais  c’est hallucinant comme il s’est laissé avoir par le discours victimisation. Comme beaucoup de la presse internationale d’ailleurs.

Quand il affirme que « les Touaregs sont des victimes au Mali » dans l’interview accordé à  jeune Afrique, c’est aisément compréhensible. Mais c’est creux ;  avec deux ans de recul, il avait la possibilité d’échapper à la compassion envers un peuple dont il est proche, je ne sais pas s’il est touareg, mais les différents changements de cap du MNLA durant cette occupation et un peu de bon sens pouvait l’aider, s’il avait un peu de bonne volonté et d’objectivité. Mais il faut reconnaitre que c’est difficile et que les minorités victimes sont des chouchous de l’opinion occidentale. Cannes n’est pas Ouagadougou.

Pour revenir à son histoire et à Kidane,  qui vivrait tranquillement avec sa femme, sa fille et un petit garçon qui garde son bétail – certainement un petit noir qui est leur esclave en réalité, mais comme cela n’arrangerait pas l’image du gentil touareg, pas de précisions !- aurait tué malencontreusement le pêcheur qui a tué une de ses vaches et tombe entre les mains des djihadistes. Je le dis haut, l’écris en gras : c’est faux ! Rien n’est vrai dans cette histoire !

Ce touareg qui a été  la seule personne exécutée par Ansardine à Tombouctou,  était un membre du mouvement, il n’était pas un habitant de la région et c’était une personne qui persécutait la population des villages des alentours de Tombouctou.  Son acte  était prémédité et il a déclaré au pécheur qui refusait d’exécuter ses ordres qu’il était venu spécialement pour lui avant de le tuer froidement de plusieurs coups de fusil.  Il est resté libre longtemps  et d’ailleurs anesardine a essayé de  donner le prix du sang à la famille de la victime qui a refusé et a exigé que  le coupable soit tué comme le veut la charia.

S’il y a un véritable buzz autour du film sur Grace de Monaco, c’est parce que l’histoire de la roturière devenue reine est bien connue, mais malheureusement, pendant l’occupation de Tombouctou, l’heure était à la débandade et au repli stratégique des militaires et des fonctionnaires de l’état qui étaient les ennemis des troupes de Touaregs chevelus qui sont entrés à Tombouctou en criant un Azawad que nous (habitants de la ville ) n’avions jamais réclamé. Les arabes les ont rapidement ralliés.

Je n’ai même pas vu le film et j’en crache pas terre,  je me demande si je pourrais le regarder un jour, tellement je suis dégoutée ! mais il  faut reconnaitre qu’il illustre parfaitement le hold-up dont nous faisons l’objet au nord du Mali :  les touaregs se révoltent, invitent tous les bandits du Sahara sur nos terres, des cheiks du Qatar prennent leurs pieds en  regardant des obscurantistes torturer d’innocentes populations, fouetter des femmes, en enlever pour des viols collectifs, détruire des mausolées millénaires, détruire tout ce qu’il y a comme infrastructure des écoles aux dispensaires, faire du bois de chauffe de nos bancs d’école – je me rappelle que l’ambulance de l’hôpital servait à amener leurs femmes au marché, quand elles concèdent à y aller- et ce sont eux qui deviennent les victimes de l’oppression, du racisme.

Quand l’histoire a pris une autre tournure et les troupes de serval sont intervenus pour chasser , ils sont devenus les victimes et la guitare a aussitôt remplacé la Kalach.

Heureusement qu’il utilise cet orthographe, TIMBUKTU, qui me permet de concrétiser cette différence.

Ce film est le fruit d’imagination fertile!

Il y a des choses qu’il faut oser dire…

Credit Photo: Faty
Credit Photo: Faty

Credit Photo: Faty

Je devrais formuler autrement et dire, il m’a fallu juste twitter pour me frayer ce chemin vers ce statut de trainer (formateur) à la première TechCamp qui a eu lieu au Mali. Si ce n’est trop long comme titre.

Oui juste twitter, mon blog sur Mondoblog est ensuite venu donner plus d’ampleur et donner une certaine visibilité à mon travail de citoyen témoin, qui a refusé l’occupation et a  crié son désespoir et celui de toute la population d’une vieille ville qui reste encore connue-prestige passé ?- Tombouctou.

ET pas possible que cela devienne une rengaine, car au fur et à mesure que je progressais dans le journalisme citoyen, je me rendais compte qu’il était possible de partager mon expérience pour empêcher à mon pays de retomber dans les travers qu’il a connus ces dernières années. Certaines situations font que seul le  citoyen lambda peut porter l’information, en plus il peut être acteur à part entière du processus de démocratisation qui a du mal à s’affirmer dans des coins comme l’Afrique.

Avant de recevoir ces mails du Département of State et du Community of Democracies, fin du mois de mars, j’étais juste tranquille dans mon coin, écrivant très peu et lisant beaucoup de billets de blog, addicted à Twitter et aux débats autour de la vie politique malienne, jouant ma partition d’activiste qui dénonce les travers de la politique malienne et  continuant avec mon grain de sel personnel : l’ironie consciente et accusatrice.

Je vous avoue que je n’hésite pas à taguer le premier ministre malien, me réjouissant qu’il ait un compte Twitter. Il paraît que le Mali est en marche et que la démocratie s’instaure, et pourtant je trouve toujours à en redire via Twitter, car je suis sceptique, il faudrait que je le fasse savoir.

Pensez-vous que je dois faire attention comme beaucoup d’amis me l’ont recommandé ?

Malheureusement, je ne sais pas faire attention, je ne peux faire attention à ce que je dis lorsqu’il s’agit de mon pays.  Je crois que c’est mon devoir de faire ce travail via les médias sociaux. Bien sûr plus de la moitié des Maliens ne sont pas connectés à internet et  nous sommes encore au stade des médias traditionnels ici : télé, radio -surtout !- et même arbre à palabres, mais bon, il faudrait commencer par un point de départ ! Twitter et un petit téléphone chinois que je suis arrivée à connecter au réseau 3G – je ne sais plus comment- m’ont permis d’attirer bien d’attention sur ma modeste personne d’enseigne, autodidacte en informatique qui est devenue un véritable geek.

Une séance de formation, credit photo: Faty

Une séance de formation, credit photo : Faty

Donc me voici, formatrice pendant deux jours sur le thème de l’utilisation des médias sociaux par la société civile africaine avec une quarantaine de participants venant de l’Afrique francophone et 7 autres formateurs de plusieurs nationalités  et deux coachs du département d’Etat américain… deux jours formidables d’échanges et de discussions que je promets de vous relater dans un prochain billet.

 

 

 

 

« fama dè bi fama wolo », on hérite du pouvoir, dit un adage bambara, pas si faux… suffit d’ouvrir l’œil sur ce qui est en train de se dérouler maintenant au Mali.

credit photo: Kassim Traoré , Klédu

Crédit photo : Kassim Traoré , Klédu

Pour bien comprendre l’arène politique malienne, je reviens vous parler de politique après trois bons mois de repos inopiné, il faut dire -, bien empressée de parler enfin politique malienne avec mon si cher politologue Serge Katembera.

La démission de Oumar Tatam Ly et son remplacement par Moussa Mara, un jeune loup en politique au Mali, au poste de premier ministre, rendait l’occasion trop belle…Il n’est pas du parti du président et n’a pas obtenu un score conséquent aux législatives. Une incompréhension totale pour le Malien, cet engagé pour le pain quotidien –ben oui- qui n’hésite pas à prendre les couleurs du parti du  gouvernant pour garder son poste et continuer ses petites magouilles,  même si le nouvel élu clame haut et fort lutter contre la corruption et le népotisme !!! Tous les Maliens se valent…

Ainsi, je me permets un petit historique du RPM, le parti de Soundiata Keita Ibrahim Boubacar Keita.

Le RPM, Rassemblement pour le Mali,  a été créé par IBK en février  2001, quand, mécontent du super parti présidentiel’ Adema-PASJ (L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice) – plus connu dans les villages maliens par son effigie d’abeille rouge- dont il a démissionné. Alpha Oumar Konaré arrivait à la fin de ses deux mandats de président démocratiquement élu après la « révolution de mars 1991 ». IBK, alors ancien premier ministre et président du parti a fait ses valises avec un bon lot de cadres de l’Adema A-PAJS dans une nouvelle alliance « Alternative 2002 » chargée de le porter au pouvoir malgré les manigances politiciennes de ses ennemis –anciens  (Adema) et nouveaux (ATT et ses groupes de soutien qui ont décidé de le soutenir en jurant mourir pour lui, eh oui !)-

L’alliance a donné naissance à ce parti que j’aurais bien traité de nationaliste si je pouvais, ne serait-ce qu’en me fiant à son slogan populiste « le Mali d’abord ».  Il n’est bien sûr pas sorti vainqueur du combat -était-ce possible à ce temps-là.  Mais, j’ai l’impression qu’on peut se permettre d’être foncièrement nationaliste et rester politiquement fréquentable quand on est africain !

D’ailleurs, c’est la tasse de thé des tous ces fous du pouvoir, prêts à tout pour y parvenir et y rester. Je peux vous citer des exemples à tour de main – et même ajouter les pieds pour compter- . Il y a le BOG ivoirien qu’évoque Fofana Baba Idrissa dans un billet récent : Bédié, Ouattara, Gbagbo.

Au Mali, nous avons frôlé ce point de non-retour avec non seulement les agissements de certains (pas tous heureusement pour le Mali !) séparatistes touaregs avec un MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et une jeune garde communicatrice qui vendit son histoire du l’homme bleu du désert avide de liberté, persécuté et martyrisé par un Etat raciste – il faut bien du piment et des retournements de situations à toute histoire non ? Ils ont oublié qu’ils ne sont pas majoritaires sur ces dites terres historiques de leurs ancêtres nomades- à qui veut le veut !

Mais le summum a été atteint pendant la campagne électorale qui précéda l’élection d’IBK à la fonction suprême. La discussion a été longue entre moi et Boukary Konaté lorsqu’il comprit mon dépit et le sentiment d’être une laissée-pour-compte que cela fit naître en moi– et beaucoup de Maliens ressortissants du nord du Mali-. Tous les moyens ont été bons pour accéder au pouvoir  -enfin, cela semblait possible pour lui après les fraudes si bien organisées d’ATT- pour tous, quand les uns faisaient la campagne dans les mosquées à coup d’« incha Allah » et de promesses, les autres partaient dans les hameaux pour chercher des bêtes sauvages  à faire voter dans les zones désertées de toute population, conflit oblige.

A l’habitant de chaque partie du territoire, à chaque groupe d’âge, à chaque ethnie, le discours qui lui sied :

-          Sud : nous sommes les descendants du grand et prestigieux Soundiata Keita, créateur du grand empire du Mali et nous ne laisserons personne le diviser. Il est un et indivisible.

-          Nord : nous allons chasser les «  bourdamé » (peaux blanches en général) de force et faire revenir la République et tous les avantages, en mettant sur pieds des vrais projets qui vont permettre au nord du Mali de rattraper son retour sur le plan du développement. Il n’y aura plus de guerre au Mali, nous vous garantirons la paix.

-           Aux jeunes, promesse est faite d’emplois pour la majorité, les candidats rivalisent en matière de chiffres tapageurs.

Pour les discours ethnocentristes et nationalistes, je ne veux pas leur permettre le privilège de figurer sur mon blog, donc faisons comme si nous ne les avions entendu. Personne ne peut me retirer ma nationalité malienne. Même si je n’ai pu voter et exprimer mon dégoût pour ces politiques qui oublient le peuple dès qu’ils parviennent à monter la colline de Koulouba. Il paraît qu’il fallait organiser le scrutin avec ceux qui pouvaient y participer pour sortir le pays du gouffre et nous frayer un chemin vers la liberté, libération plutôt, car je suis certaine que nous avons aussi échappé à un massacre des populations restées sur place… heureuse que les occupants se soient contentés d’amuser leurs investisseurs du Qatar par des pseudo-applications de charia et que le MNLA reste encore égal à lui-même : un caméléon qui change de couleur au gré de son environnement .

Revenons à notre mouton, le RPM et ses problèmes avec son créateur de président qui se fia certainement à son inactivité des dernières années pour  lui refuser tout mérite par rapport à son si joli score au second tour de l’élection présidentielle de juillet 2013, 77,62 %. Il faut dire qu’à la présidentielle de 2007, le score du RPM, 14,71 % n’était pas très honorable  et  le si cher  « président fondateur » -mon respect Mamane !- a  eu  du mal à se faire réélire aux législatives, c’est  parce qu’il était opposé en commune IV de Bamako, à  la force montante qui pratique le porte- à-porte comme Barack Obama en politique : Moussa Mara.

Le point de presse du nouveau premier ministre lui a permis de jeter les bases d’une  certaine coopération avec la majorité – que j’hésite à qualifier de présidentielle – et l’opposition, promettant de mettre chacun dans ses droits pour permettre au président de ne pas décevoir le peuple, comprenne qui pourra, ce qu’il voudra.

La réalité est un Mali encore coupé en deux, avec non seulement une région concédée – ha c’est le mot que j’ai trouvé hein !-aux bandits  touaregs  armés  qui ont décidé de revenir sous le giron politiquement correct du MNLA avec l’accord de la France et de la Minusma, sensés aider le Mali à recouvrer son intégrité, mais aussi les deux autres régions jadis occupées ( Gao et Tombouctou) qui  attendent encore le retour de la paix et des fonctionnaires de l’Etat pour que vraie vie recommence, craignant encore le retour des troupes des pseudo-djihadistes encore embusquées dans les grottes du désert.

Ainsi va le Mali…

 

Ebola. Le nom de cette rivière de l’ancien Zaïre, aujourd’hui RDC, sonne comme celui du plus mauvais  diable (c’est une des choses que les maliens craignent le plus) qui nous menace.

credit photo: www.pieuvre.ca

credit photo: www.pieuvre.ca

La rumeur s’est transformée en une sorte de psychose après la diffusion d’un communiqué de presse du gouvernement sur le sujet qui acheva  de créer la panique au gré des interprétations : « Le Gouvernement du Mali informe la population que la fièvre hémorragique d’Ebola dont l’épidémie est actuellement en cours en République de Guinée est une maladie grave et très contagieuse.

Elle se manifeste par une poussée de fièvre accompagnée de diarrhées, de vomissements, de fatigue intense et parfois de saignements.

La transmission se fait par contact direct à travers le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés. Le contact avec les cadavres d’animaux sauvages (singe et chimpanzés, chauve-souris entre autres) et les dépouilles des sujets infectés lors des rites funéraires constituent aussi des facteurs de risques élevés.

Or, à ce jour, il n’existe aucun traitement efficace, ni de vaccin contre cette maladie. C’est pourquoi, le gouvernement invite la population au respect strict des mesures de prévention édictées par les services de santé.

Il conseille aussi d’éviter tout déplacement non essentiel dans les zones épidémiques.

Il lance un appel également au personnel de santé pour respecter et à faire respecter scrupuleusement les mesures de protection individuelle indispensables à la prévention de la maladie. »

Il faut dire que ni la langue ni le vocabulaire utilisés dans le communiqué  n’étaient point accessibles au malien lambda. C’est à l’animateur le plus adroit pour  faire passer le message à travers spots en langues nationales et émissions radiophoniques…. Ensuite à qui comprendra mieux mieux…

Pendant que certains y comprennent que toute la Guinée est en train de mourir de cette maladie qui n’a pas de remède ; d’autres comprirent que la maladie est déjà au Mali et  qu’il ne faut plus sortir de chez soi, éviter tout endroit où on peut rencontrer des guinéens, des singes ou des chauves-souris, les plus pessimistes se voient déjà morts. Quand mes neveux revinrent de l’école et me dirent que leurs maitres leur avaient dit de ne pas jouer avec les chauves-souris et de prêter attention à leur urines et à leurs salives parce que la présence de sang pourrait être le signe de  « FIER  D’ESBOLA » j’en suis restée bouche bée et en ai oublié de rire !!!

Des enseignants peuvent se permettre une telle chose ?

La promptitude et la vitesse à laquelle le gouvernement diffusa ce message de mise en garde ne me plut point, car mettre le peuple en garde –contre quoi que ce soit- ne semblait pas être leur mission favorite, en plus j’ai juste compris  une intention de faire de l’excès de zèle !

Les attentats ou les lancées d’obus dans les villes du nord nous ont-ils valu une seule fois un communiqué de presse ?  Et toutes ces maladies qui sévissent au Mali ? Le cancer du sein ? Le paludisme ? Le Sida ?la tuberculose ? La malnutrition ? le MNLA, sa république – même si elle n’est pas islamique- de l’Azawad et ses soutiens – Du président du Burkina Faso à la Suisse en passant par le grand manitou- n’est-il pas un spectre plus menaçant que cet « Ebola » ?

La fièvre Ebola est mortelle, la Guinée est proche  c’est certain, mais qu’ont-ils dit à propos de l’envahissement de la zone de Yanfolila pour l’exploitation artisanale de l’or par des migrants venant de la sous-région entière et faisant planer la menace du SIDA et des MST sur toute cette zone  en plus du banditisme ?

Malheureusement, les trois cas suspects sont venus aggraver la situation et rien d’étonnant à ce que les jeunes du quartier qui a été choisi pour abriter le site de quarantaine, Lassa, se révoltèrent et parvinrent  à le faire déguerpir…car ils  ont si peur qu’ils croient que le virus peut les affecter quelques soient les précautions.

En attendant les résultats des examens sanguins, la  vie continue…Oumar Tatam Ly démissionne et laisse le poste de premier ministre à un autre jeune loup : Moussa Mara.

 

 

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