Blog Action Day: faire sauter les frontières des inégalités par l’education

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BAD 2014Le 16 octobre est le Blog Action Day, comme le laissait voir mon précédent billet qui vous donnait un avant-gout hier. Le thème est des plus intéressants : les inégalités. Le monde est cousu d’inégalité. Il est très difficile d’avoir une quelconque forme d’égalité dès qu’on examine le genre. Loin de moi l’idée d’utiliser cette journée d’action des blogueurs à travers la terre pour faire mon féminisme- d’ailleurs je ne suis pas féminisme, juste une éducatrice dépitée par les inégalités – mais l’écart grand et l’égard trop minime vis-à-vis des filles. Que des questions qui se bousculent dans ma tête, je pense à la scolarisation de fille qui est toujours base. Je ne peux m’empêcher un Grrrr…. Interne. Rage.

La culture, l’éducation, continuent à creuser l’écart entre filles et garçons. Le garçon peut laisser le champ paternel et partir à l’école, mais la fille ne peut se détacher de sa future tâche de ménagère. La mère, analphabète, partage l’avis du père dans la majorité des cas. Il faut conserver les coutumes coute que coute, quitte à rester pauvres et démunis. Mon constat n’est pas une grande découverte, les gouvernements du monde entier le savent, la formule du développement passe par une éducation de qualité pour tous les membres de la société, sans distinction de genre. Cela permettrait une croissance certaine…

Que le prix Nobel de la paix ait été donné à des acteurs de l’éducation n’est pas gratuit… que ce soit Malala, une fille qui a lutté du haut de ses 17 ans pour aller à l’école, mais aussi pousser d’autres jeunes filles à aimer l’école est un message que nous devrions tous comprendre du Jury des Nobels qui a ainsi fait un clin d’œil à tous les enseignants, les ONG, les organismes des nations unis qui œuvrent dans le cadre de l’éducation. Kailash Satyarthi donne du poids au message, car l’éducation met fin aux inégalités. Même si l’acculturation est une menace, l’éducation permet à la femme africaine(en tout cas !) d’échapper à son rôle de mange mil et d’exécutrice des mauvais ordres ( de l’excision au mariage précoce) J’en suis convaincue… SI l’Unesco soutient que «  c’est dans l’esprit des hommes que nait la guerre et c’est dans leur esprits que doivent être élevées les défenses de la paix » je crie volontiers Alléluia !!! en plus j’y trouve ma formule contre les inégalités : «  l’enseignement fait sauter les frontières de toutes les inégalités entre les hommes »

Alerte à la bombe à Tombouctou

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« le courage, ce n’est pas de vivre sans peur. Le courage, c’est d’avoir la peur de sa vie et quand même faire la bonne chose » dit le proverbe et ce dernier va bien avec la situation que nous avons connu à Tombouctou hier.

 

credit photo: Faty

Marché Yoboutao de Tombouctou credit photo: Faty

Tombouctou, jeudi 9 novembre. C’est le quatrième jour de la fête musulmane de l’aid el Adha, communément appelé Tabaski. Après trois jours de fermeture, le marché de Yoboutao, le plus fréquenté de la vieille cité ne connait pas l’affluence de tous les jours pour cause, beaucoup d’entre les marchands sont ressortissants des villages des alentours et ils prennent parfois une semaine avant de revenir leurs stands.

Les gens ayant trop mangé de viande, se dirigent presque systématiquement vers le fond du marché, où se trouvent les vendeuses de poissons. Des femmes acariâtres aux langues acérées qui n’hésitent pas à insulter le client qui se permet de trop rabaisser le prix du poisson qui se marchande encore dans cette partie du Mali. Ce sont les seules qui ont osé se soulever contre la pratique impitoyable de la charia des djihadistes qui ont occupé Tombouctou d’avril 2012 à janvier 2013 ; refusant de porter le voile léger et fort encombrant –pour qui veut être libre de ses gestes-des femmes arabes.

C’est à cet endroit, le marché des poissons qui fut le point de départ d’une panique à Tombouctou : une alerte à la Bombe.

En effet ; c’est une vendeuse qui remarqua un sac noir posé sur une des petites tentes en paille. Il semble rempli. Qui eut l’idée d’appeler le numéro vert de la Minusma ? je sais pas. Mais les casques bleus et des soldats français arrivèrent derechef. Et hop ! le marché est évacué, son accès interdit et les investigations commencent pour la prise en main du colis suspect. Halima, habitante des environs du marché veut déjà partir loin : «  ces djihadistes sont impitoyables, il faudrait partir avant qu’ils ne nous fassent exploser comme ça. » dit –elle , le regard fuyant.

 » la peur est un microscope qui grossit le danger » disait Jean Louis Auguste Commerson dans la petite encyclopédie bouffonne, verité! meme si le proverbe zarma – encore un!- dit « tune nda hinaye baa gandji hawe » littéralement «  vaut mieux se lever tôt que chercher un gris-gris »

Moi je sais que la peur est toujours accompagné d’une avide curiosité chez nous les femmes, il ne fallait pas nous voir scruter les endroits,  l’oreille tendu, alerte à tout entendre.

C’est un sac, de voyage, noir. Il semble rempli. Si c’est une bombe il ne faudrait pas qu’elle explose ici. Déjà la psychose est grande. Plusieurs attentats ont eu lieu à Tombouctou. Des kamikazes se sont fait exploser devant le lycée Mahamane Alassane Haidara de Tombouctou dans faire de victimes. Un autre attentat contre le camp militaire à la voiture piégée avait tué deux civils.

Ce colis, pourrait être les effets d’un de nos malades mentaux, errant , ramassant des débris çà et là comme s’il s’agissait d’un trésor et les gardant dans ce sac qu’il s’est procuré on ne sait comment.

La conclusion est heureuse. Fausse alarme. Il n’y a pas de bombe dans ce sac et le marché peut rouvrir.

Pour rappel, le nord du Mali, dont Tombouctou, a été occupé par plusieurs groupes armés : MNLA, AQMI, ANCARDINE. En outre , les attentats contre les troupes de la mission des nations unis pour la Mali (MINUSMA) sont de plus en plus nombreux, les derniers en date sont celui contre une patrouille du contingent nigérien à Gao et le tir de 7 roquettes sur le camp de la MINUSMA à Kidal qui a tué un casque bleu sénégalais et blessé deux autres.

 

Des nouvelles de…Faty

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Après une longue pause – A s’en demander si la bonne dame n’a pas trépassé pour qui a « l’esprit bienveillant »- me revoici.

la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)

la tabaski à Tombouctou, le 05 octobre (crédit photo: Faty)

C’est reparti pour le blogging, l’engagement pour mon grand, cher, précieux, chéri, Mali en général. Mais pour surtout pour ma ville natale – Pour qui ne le sait pas car il y a beaucoup de bleus sur la plateforme et j’imagine qu’ils sont déjà envahis par cette envie frénétique de lire les autres blogs de la Mondoblog autant que d’écrire. Une envie qui peut partir … (je l’ai expérimenté pour vous… je comprends le proverbe zarma – dialecte du Niger, affilié au songhoï- qui dit : anniya noo ga yoo gabu, traduction ? c’est avec la volonté qu’on peut piller un dromadaire ! (suffirait de trouver le mortier qui convient me rétorqueraient bien d’autres !)

Bref ! Je suis là et en plus je suis à Tombouctou. Pour qui connait mon amour pour la ville et ma volonté d’y rester pour vivre tranquillement une vie à Tombouctienne ponctuée de taches ménagères et de quelques excursions pour mes articles, et d’activisme sur le net, me comprendrait.

Je suis à Tombouctou depuis une semaine et même mon humeur en a été changée ! J’ai la pèche ! Je me sens super bien ! Même la route que dis-je ? La piste-boueuse, qui mène jusqu’au bord du fleuve pour une longue traverser sur un bac tiré par une grande pirogue à moteur n’a pas réussi à me mettre de mauvaise humeur. La fatigue non plus. Cette sensation d’être chez soi  est enivrante.

J’en avais marre de Bamako, de sa pluie, de ses moustiques, de ses taxis si chers –suis-je devenue radine en 8 mois de vie à Bamako ?- NON ! Il m’était vital de rentrer fêter tabaski à la maison, avec Papa et maman.

Un lecteur attitré de ce blog ne le découvrirait pas seulement aujourd’hui, mais la tabaski est une fête familiale que je n’aimerai passer nulle part au monde si ce n’est Tombouctou. J’y veille. Dieu me l’a permis plusieurs fois – j’ai le droit d’y croire si je le veux non ?-

D’autres parlent de fête des moutons – si ce n’est aux moutons- mais cet aïd, est la fête qui montre, si elle ne le démontre pas, prouve que l’islam est loin d’être une religion de rejet et de l’extrême, encore moins de haine.

La tabaski est la fête du rapprochement entre les membres de la famille et de la société pour nous. Il représente le partage et l’entraide. Ceux qui ont égorgé partagent leur viande avec les nécessiteux en leur donnant les 2/3.

Certains parlent de massacre des moutons en mangeant tranquillement des conserve de poissons, refusant de voir – car je suis certaine qu’au moins un jour ils ont pensé aussi à la vie de ces pauvres poissons aussi- les milliers de poissons qui sont pêchés dans les océans tous les jours-.

Bon, il faut dire que l’islam est la religion qu’on doit pratiquer et se taire à cause de ces djihadistes aux ceintures piégées de bombes, des organisations terroristes comme Boko Haram qui se moquent du Nigéria –malgré une alliance avec la France et le Cameroun hein !- et massacre d’innocentes populations, faisant des victimes même parmi les musulmans. ANESARDINE, qui s’est moqué du Mali en occupant le nord pendant plus d’une année et en continuant à attaquer la mission des Nations Unis pour le Mali MINUSMA. La dernière attaque contre un camp de la MINUSMA à Kidal – fief réel des groupes armés- ou encore Al-Qaïda… le patron des organisations terroristes. L’islam n’est qu’un prétexte … les véritables musulmans, des victimes.

Je ne donnais pas de nouvelles du Mali, elles n’étaient pas bonnes en réalité. Ce n’est pas la joie au Mali malgré les discours de nos petits apprentis rappeurs qui bizarrement ne parlent que de diarabi –amour-, dableni –vin- et se donnent des surnoms d’animaux forts de la jungle-wara-, s’ils ne s’insultent pas père et mère.

Le Mali est dans une phase bizarre. Les maliens commencent à se rendre compte qu’ils se sont trompé en offrant les rennes du pays à Sound… euh… à Ibrahim Boubacar Keita. Nous sommes passé de l’espoir à la déception en une année.

C’est fou les changements qui peuvent subvenir en une année. En juillet 2013 ; lorsque qu’on élisait IBK, j’étais à Gao… une ville qui est toujours sans électricité et je bloguais par Bouba interposé, lui envoyant les textes que j’écrivais avec mon fameux wiko pour qu’il corrige et qu’il les publie pour moi. Michel Théra me trouvait trop pessimiste, mais j’étais juste sceptique. C’est difficile de ne pas être sceptique quand tu es malien et connaissant ton pays, tes concitoyens et leur capacité à se « servir », quelques en soient les situations.

Et voilà, ils sont deçus d’apprendre que l’équipe en place à chercher à s’inscrire sur la listes des hommes les plus riches du pays en une année en se remplissant les poches pour l’achat de l’avion impérial et la passation de plusieurs marché. Et même-là, il a fallu que les bailleurs de fonds ferment le robinet à billet et que le FMI envoie des enquêteurs à Bamako pour que certains y croient.

En plus, les jérémiades de nos dirigeants depuis les accords de Ouagadougou au lieu d’engager un dialogue véritable avec non seulement les groupes armés ( qui étaient désarmes à ce moment-là) et les populations du nord du Mali n’ont fait que nous enfoncer et à permis d’atteindre ce point de non-retour pour le gouvernement malien qui a perdu  un avantage de taille.

Et nous voilà repartis vers un autre hold-up, moi et beaucoup d’habitants du nord du Mali, se font représenter par des personnes qu’ils ne connaissent ni d’Eve, ni d’Adam , à des négociations à Alger. Pire, ils sont des revendications auxquelles nous sommes opposés.

 

« Quand tu ne fais qu’attendre, ton cou en devient long(à force de le hausser pour voir ce qui va arriver) » dit le proverbe

 

 

Malisanté, une start-up malienne innovante œuvrant dans le cadre des TIC et de la sante

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Malisanté est la première start-up malienne œuvrant dans le cadre de la santé au Mali.  Elle est la seule de notre pays qui participe au sommet africain sur internet  (AIS14) à Djibouti, République de Djibouti du 25 mai au 06 juin 2014.

Le thème de l’AIS « 14 est « Au-delà de la connexion : Interconnexion pour le développement de l’Afrique ».

Ce sommet africain de l’Internet  est annuel, allant du 25 mai au 6 juin 2014, les participants auront une plate-forme pour débattre des  principales contraintes de développement auxquelles est confrontée l’Afrique  dans un cadre commercial afin de répondre aux besoins des opérateurs en Afrique . Comme la croissance future de l’Internet en Afrique se fera à travers les opérateurs mobiles.

credit photo: Tidiane Ball

credit photo: Tidiane Ball

Malisanté se donne comme tache de  rendre l’information médicale plus disponible  et accessible aux utilisateurs des tics du Mali, mais aussi du monde entier (vue les portées du web). En effet, l’exploit est  bien singulier  au Mali pour être signalé.  Malisanté, se veut un site internet qui répond non seulement aux questions que l’on peut été tenté de se poser sur la santé, sans tabou, mais est aussi un site utile pour l’internaute malien dans le domaine de la santé, tout y est : annuaire bien fourmi avec tout genre de renseignements sur les cliniques, les hôpitaux,  les pharmacies  et même des offres d’emplois.

Tidiane Ball  au lancement d'AIS14Tidiane Ball, qui a eu cette lumineuse idée dès ses années d’études en faculté de médecine pense que « l’accès à l’information est l’une des choses les plus difficiles. Surtout dans le domaine de la santé ou les populations ont du mal à avoir accès à l’information médicale de qualité, à localiser les structures sanitaires, à trouver les coordonnées des médecins. Il en est de même pour les professionnels de la santé, qui peinent à mettre en exergue leurs publications, qui manquent de plateforme d’échange, d’information et de communication. Internet aujourd’hui est une aubaine pour pouvoir satisfaire les besoins des uns et des autres en quelques ».

Malisanté  a  participé à InnovAfrica 2012 de Dakar et InnovAfrica 2013 d’Abidjan. la jeune équipe se propose de diversifier ses secteurs d’activité pour repondre le mieux aux demandes du public malien

Mali : imbroglio au sommet de l’Etat

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« fama dè bi fama wolo », on hérite du pouvoir, dit un adage bambara, pas si faux… suffit d’ouvrir l’œil sur ce qui est en train de se dérouler maintenant au Mali.

credit photo: Kassim Traoré , Klédu

Crédit photo : Kassim Traoré , Klédu

Pour bien comprendre l’arène politique malienne, je reviens vous parler de politique après trois bons mois de repos inopiné, il faut dire -, bien empressée de parler enfin politique malienne avec mon si cher politologue Serge Katembera.

La démission de Oumar Tatam Ly et son remplacement par Moussa Mara, un jeune loup en politique au Mali, au poste de premier ministre, rendait l’occasion trop belle…Il n’est pas du parti du président et n’a pas obtenu un score conséquent aux législatives. Une incompréhension totale pour le Malien, cet engagé pour le pain quotidien –ben oui- qui n’hésite pas à prendre les couleurs du parti du  gouvernant pour garder son poste et continuer ses petites magouilles,  même si le nouvel élu clame haut et fort lutter contre la corruption et le népotisme !!! Tous les Maliens se valent…

Ainsi, je me permets un petit historique du RPM, le parti de Soundiata Keita Ibrahim Boubacar Keita.

Le RPM, Rassemblement pour le Mali,  a été créé par IBK en février  2001, quand, mécontent du super parti présidentiel’ Adema-PASJ (L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice) – plus connu dans les villages maliens par son effigie d’abeille rouge- dont il a démissionné. Alpha Oumar Konaré arrivait à la fin de ses deux mandats de président démocratiquement élu après la « révolution de mars 1991 ». IBK, alors ancien premier ministre et président du parti a fait ses valises avec un bon lot de cadres de l’Adema A-PAJS dans une nouvelle alliance « Alternative 2002 » chargée de le porter au pouvoir malgré les manigances politiciennes de ses ennemis –anciens  (Adema) et nouveaux (ATT et ses groupes de soutien qui ont décidé de le soutenir en jurant mourir pour lui, eh oui !)-

L’alliance a donné naissance à ce parti que j’aurais bien traité de nationaliste si je pouvais, ne serait-ce qu’en me fiant à son slogan populiste « le Mali d’abord ».  Il n’est bien sûr pas sorti vainqueur du combat -était-ce possible à ce temps-là.  Mais, j’ai l’impression qu’on peut se permettre d’être foncièrement nationaliste et rester politiquement fréquentable quand on est africain !

D’ailleurs, c’est la tasse de thé des tous ces fous du pouvoir, prêts à tout pour y parvenir et y rester. Je peux vous citer des exemples à tour de main – et même ajouter les pieds pour compter- . Il y a le BOG ivoirien qu’évoque Fofana Baba Idrissa dans un billet récent : Bédié, Ouattara, Gbagbo.

Au Mali, nous avons frôlé ce point de non-retour avec non seulement les agissements de certains (pas tous heureusement pour le Mali !) séparatistes touaregs avec un MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et une jeune garde communicatrice qui vendit son histoire du l’homme bleu du désert avide de liberté, persécuté et martyrisé par un Etat raciste – il faut bien du piment et des retournements de situations à toute histoire non ? Ils ont oublié qu’ils ne sont pas majoritaires sur ces dites terres historiques de leurs ancêtres nomades- à qui veut le veut !

Mais le summum a été atteint pendant la campagne électorale qui précéda l’élection d’IBK à la fonction suprême. La discussion a été longue entre moi et Boukary Konaté lorsqu’il comprit mon dépit et le sentiment d’être une laissée-pour-compte que cela fit naître en moi– et beaucoup de Maliens ressortissants du nord du Mali-. Tous les moyens ont été bons pour accéder au pouvoir  -enfin, cela semblait possible pour lui après les fraudes si bien organisées d’ATT- pour tous, quand les uns faisaient la campagne dans les mosquées à coup d’« incha Allah » et de promesses, les autres partaient dans les hameaux pour chercher des bêtes sauvages  à faire voter dans les zones désertées de toute population, conflit oblige.

A l’habitant de chaque partie du territoire, à chaque groupe d’âge, à chaque ethnie, le discours qui lui sied :

–          Sud : nous sommes les descendants du grand et prestigieux Soundiata Keita, créateur du grand empire du Mali et nous ne laisserons personne le diviser. Il est un et indivisible.

–          Nord : nous allons chasser les «  bourdamé » (peaux blanches en général) de force et faire revenir la République et tous les avantages, en mettant sur pieds des vrais projets qui vont permettre au nord du Mali de rattraper son retour sur le plan du développement. Il n’y aura plus de guerre au Mali, nous vous garantirons la paix.

–           Aux jeunes, promesse est faite d’emplois pour la majorité, les candidats rivalisent en matière de chiffres tapageurs.

Pour les discours ethnocentristes et nationalistes, je ne veux pas leur permettre le privilège de figurer sur mon blog, donc faisons comme si nous ne les avions entendu. Personne ne peut me retirer ma nationalité malienne. Même si je n’ai pu voter et exprimer mon dégoût pour ces politiques qui oublient le peuple dès qu’ils parviennent à monter la colline de Koulouba. Il paraît qu’il fallait organiser le scrutin avec ceux qui pouvaient y participer pour sortir le pays du gouffre et nous frayer un chemin vers la liberté, libération plutôt, car je suis certaine que nous avons aussi échappé à un massacre des populations restées sur place… heureuse que les occupants se soient contentés d’amuser leurs investisseurs du Qatar par des pseudo-applications de charia et que le MNLA reste encore égal à lui-même : un caméléon qui change de couleur au gré de son environnement .

Revenons à notre mouton, le RPM et ses problèmes avec son créateur de président qui se fia certainement à son inactivité des dernières années pour  lui refuser tout mérite par rapport à son si joli score au second tour de l’élection présidentielle de juillet 2013, 77,62 %. Il faut dire qu’à la présidentielle de 2007, le score du RPM, 14,71 % n’était pas très honorable  et  le si cher  « président fondateur » –mon respect Mamane !- a  eu  du mal à se faire réélire aux législatives, c’est  parce qu’il était opposé en commune IV de Bamako, à  la force montante qui pratique le porte- à-porte comme Barack Obama en politique : Moussa Mara.

Le point de presse du nouveau premier ministre lui a permis de jeter les bases d’une  certaine coopération avec la majorité – que j’hésite à qualifier de présidentielle – et l’opposition, promettant de mettre chacun dans ses droits pour permettre au président de ne pas décevoir le peuple, comprenne qui pourra, ce qu’il voudra.

La réalité est un Mali encore coupé en deux, avec non seulement une région concédée – ha c’est le mot que j’ai trouvé hein !-aux bandits  touaregs  armés  qui ont décidé de revenir sous le giron politiquement correct du MNLA avec l’accord de la France et de la Minusma, sensés aider le Mali à recouvrer son intégrité, mais aussi les deux autres régions jadis occupées ( Gao et Tombouctou) qui  attendent encore le retour de la paix et des fonctionnaires de l’Etat pour que vraie vie recommence, craignant encore le retour des troupes des pseudo-djihadistes encore embusquées dans les grottes du désert.

Ainsi va le Mali…